08 février 2018

Hyperémotivité, fragilité, hypersensibilité ou empathie surdimensionnée… ?

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 Cela fait seulement quelques mois que j’ai répondu à une question qui me tourmentait depuis toujours. Je crois avoir toujours été quelqu’un de très sensible, qui pleure très facilement, bien que je me sois forcée à moins le faire en public depuis quelques années. Il me semble également que j’ai toujours connu des gros moments de stress, même pour pas grand chose, comme le fait de seulement devoir aller à l’école, ou dans certains cours. Parfois même, je ne comprenais pas que cette douleur qui me prenait tout près du coeur était en fait du stress ; je sentais seulement que j’avais du mal à respirer, surtout avant de dormir. Plus tard, j’ai compris que j’étais surtout très tourmentée par des problèmes ou des questions existentielles dès que je n’étais pas occupée, et que mes insomnies venaient de ces tourmentes. Après m’être posé énormément de questions sur ces émotions qui me submergeaient, en ayant remarqué que je pouvais être très triste pour très peu et très heureuse pour peu également, j’ai compris que mes contacts faisaient partie de tout ça, même sans le vouloir. Effectivement, je n’étais pas toujours bien entourée, et beaucoup de personnes malveillantes ou hypocrites me faisaient de la peine. Mais ce n’est pas ce que je veux dire ; je savais que j’aimais beaucoup observer les autres. Etant une petite fille, puis une jeune fille toujours très discrète de nature, j’ai prit l’habitude de plutôt écouter et regarder les autres. Et finalement, je me suis rendue compte qu’une de mes plus grosses qualités, surement LA plus grosse, était un peu trop extrême pour moi et qu’elle ne m’aidait pas toujours, c’est l’empathie. ("toute qualité, poussée à son extrême devient un défaut" P. Van Haver) J’ai toujours essayé de me servir de mes connaissances, de mon vécu et de cette qualité pour aider les gens que j’aimais, en me mettant à leur place. Mais j’ai compris il y’a quelques mois que même sans le vouloir, je ressentais souvent les émotions des personnes qui m’entourent, et malheureusement, elles ne sont pas toujours positives. Je ne veux pas dire par là que j’ai un don extraordinaire de voyance. Seulement en observant certains comportement ou en écoutant certains mots, si je comprends qu’une personne se sens mal à l’aise, angoissée ou triste, je ressens également ces émotions. C’est également pour ça que depuis des années, je m’efforce à être souriante et joyeuse, en mettant tous mes soucis de côté dès que je suis entourée, parce qu’en fait je pensais que c’était ce qu’il fallait pour que les autres se sentent bien. Et même en le faisant, j’avais une énorme boule au ventre, qui grossissait encore et encore dès que je m’efforçais d’être joyeuse au côté de quelqu’un qui ne l’était pas. Je ressentais en fait sa peine, sa tristesse ou sa colère, sauf que moi, je devais parfois cacher la mienne en plus de celle qu’il/elle me transmettait, et parfois, je n’arrivais plus à tenir et j’avais besoin de craquer pour tout évacuer certains jours. 

 

Le fait de comprendre que mon empathie n’était, en quelque sorte, pas toujours contrôlée m’a aidé à répondre à énormément de questions. Je n’étais donc pas seulement faible avec une petit coeur tout fragile, je faisais juste partie de ces personnes qui vivent les choses en plus grand. Et grâce à cette révélation, je peux maintenant comprendre plus facilement mes émotions et essayer de mieux gérer certaines situations ou certaines relations pour mon bien-être. Je peux aussi continuer à profiter des moments de bonheur, qui sont, eux aussi, amplifiés et vécus intensément, ce qui est vraiment merveilleux. Je suis reconnaissante d’être une hypersensible pour les belles choses que cela me procure très souvent. 

 

Si tu fais partie des hyperémotifs, hypersensibles, oui parfois c'est difficile à gérer et à encaisser, mais c'est aussi un énorme avantage la plupart du temps, surtout pour se sentir vivant !