08 novembre 2017

Vivre sans papa - Blessure d'abandon

C’est difficile pour moi de m’expliquer sur certains points de ma vie parce que je sens que je ne peux pas tout dire. Je sens qu’il y a certains événements que j’ai vécu qu’il faut que je garde pour moi, que c’est mal de les exposer, que ça pourrait gêner ceux qui lisent ou que ce serait dévoiler l’intimité d’autres personnes, notamment des personnes de ma famille.
Je vais alors essayer de faire passer mon message sans tout dire. En parlant seulement de ce qui ne me dérange pas du tout et de mon ressenti, parce que j’ai besoin de le faire. 

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Quand j’étais un bébé, vers 1 an et demi, mon père, ou du moins celui qui a mit la petite graine dans le ventre de ma maman, parce que je pense pas pouvoir dire que c’est mon père, est devenu fou. Peut-être qu’il était déjà fou avant d’ailleurs, je n’en sais rien, en tout cas on m’a raconté qu’il est devenu violent et buvait beaucoup. Alors ma maman m’a prit dans ses bras, m’a protégé, et nous nous sommes enfuies loin de lui. Je ne l’ai plus jamais vu. 
J’ai donc grandi avec ma maman qui m’a expliqué tout ça très tôt et je n’ai JAMAIS senti de manque. Je n’ai jamais vu le fait de vivre à deux seulement comme un problème, ça me convenait très bien. Elle m’a apprit de belles valeurs, elle m’a apprit à être juste et je n’avais pas besoin de plus. J’avais aussi plusieurs papas dans ma famille, mon papi, mon parrain, mon oncle.. Ils avaient un peu ce rôle parfois, mais j’étais lucide et tout ça me convenait parfaitement. Je n’ai jamais eu aucun mal à dire aux gens : « je ne connais pas mon père. » et je ne sentais pas de douleur face à ça, c’était « très bien comme ça ». 
Mais, devenant une adulte, je comprends que cet événement, quand j’étais bébé, m’a quand même marqué, malgré tout, inconsciemment. J’ai été fragile sur plusieurs sujets dans ma vie, en grandissant, et j’ai compris que c’était lié à ça plus tard. 

J’ai peur de la violence : Oui, petite, adolescente ou adulte, quand une bagarre explosait près de moi, quand j’étais confrontée à la violence, même dans les films, je ne le supportais pas et je ne le supporte toujours pas. Je me mets à pleurer automatiquement. Alors on s’est beaucoup moqué de moi il y a quelques années, quand certains ado riaient d’une petite « baston » entre un copain et quelqu’un qui cherchait les ennuis. C’était pourtant drôle, il n’y avait pas eu beaucoup de dégâts en plus, et moi j’étais là, assise, en train de pleurer, sans pouvoir m’arrêter… Et bien maintenant vous le saurez : j’ai été face à la violence quand j’étais un bébé, et je ne la supporterai jamais. 

Ma relation avec les garçons est compliqué : Mon plus grand rêve quand j’étais enfant et en grandissant, c’était d’avoir un amoureux. Je tombais toujours amoureuse très vite et très fort. Je me souviens que c’est arrivé dès la maternelle. C’était tellement important pour moi que je me souviens de la sensation que j’avais eu quand j’ai eu mon premier amoureux. Et puis en primaire, il y en a eu 3, ou peut-être 4 (un par an sûrement), mais qu’est-ce que je pensais à eux ! Je rêvais de tout faire avec eux, qu’ils soient près de moi, qu’ils me tiennent la main. Et ça n’a jamais changé. J’ai toujours eu besoin de présence masculine près de moi. Et quand je l’avais enfin, je paniquais à l’idée qu’ils me trompent ou qu’ils s’en aillent. Dieu merci, aujourd’hui j’ai trouvé quelqu’un qui m'a écouté, a compris mes blessures, a su m’accompagner et me prouver qu’il ne me lâcherait pas, et j’ai enfin confiance. 

Je ne supporte pas l’abandon : Voilà le point le plus difficile à gérer, depuis toujours, le plus handicapant. En amour, comme je l’ai expliqué juste avant, mais aussi en amitié, je ne supporte pas qu’on me laisse tomber. Je le vis très mal, il me faut énormément de temps pour m’en remettre, et je crois que je n’oublierai jamais tous les « amis » qui n’ont pas été présents ou qui ont décidé de ne plus être mes amis. Peu importe la raison pour laquelle ils sont partis, parfois j'étais d'accord avec eux, parfois je les comprenais, mais je ne pouvais pas accepter leur départ et la séparation. Je sais très bien que ça doit être affreux pour eux, que ce doit être une pression de sentir que notre ami a autant besoin de nous. Mais c’est comme ça, j’ai beau travailler sur moi. Quand des liens d’amitiés se sont rompus, je ne l’ai jamais oublié. Au point même, parfois, de décider d'abadonner, moi, pour moins sentir cette douleur, et de faire subir ce que je ne veux pas sentir... Parce que pour ceux qui sont partis, dans différentes circonstances et de différentes manières (plus ou moins correctes), j’ai encore une forme de rancoeur qui, quand elle réapparait, me faire bien mal au creux du ventre. Je sais que beaucoup d’anciens amis n’ont jamais compris que ce se soit toujours mal terminé et que j’ai montré tant de difficulté et de réticence quand nous commencions à nous séparer. Si ils lisaient ça, ils comprendraient peut-être. L’abandon, c’est sûrement ce qui me fait le plus peur. Et c’est difficile pour moi d’accepter le fait que ce soit lié à mon « père ». Mais c’est le cas, je l’ai compris avec le temps. Je l’ai aussi compris grâce au livre de Lise Bourbeau -Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même-. C’était clair et net, en le lisant j’ai compris que j’avais cette blessure : la blessure d’abandon. Et qu’effectivement, beaucoup de gens partaient autour de moi, et qu’il fallait que je comprenne que c’était parce que je devais guérir cette blessure. 

J’y travaille, j’y travaille… Tous les jours, quand je pense à ceux qui ne font plus partie de ma vie, et que ça me fait mal. Je pense à régler ça, à voir les choses différemment, à guérir cette blessure. Pour l’instant ce n’est pas gagné, même le fait de sentir que des personnes de ma famille ne me donne pratiquement pas de nouvelles, me donne l’impression que je ne compte pas pour eux et ça me tue. Pourtant je me force à croire que c’est faux, que ça n’a rien à voir avec tout ça, que ce n’est pas grave, qu’ils sont toujours là… 

En tout cas voilà où j’en suis dans mon début de vie d’adulte. J’ai compris que le petit bébé que j’étais a subi quelque chose qui l’a marqué bien plus que je le croyais. J’ai compris que je n’étais pas fragile pour rien, que je ne tombais pas amoureuse aussi intensément pour rien, que je n'étais pas si possessive pour rien, il y avait une raison à tout ça. Et maintenant, il ne me reste plus qu’à travailler sur moi-même, pour mieux vivre avec cette blessure. Et je ne remercierai jamais assez la vie d'avoir mit à mes côtés des hommes aussi extraordinaires que mon papi et mon parrain, pour adoucir tout ça, énormément.

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21 octobre 2017

J'ai affronté une de mes plus grandes peurs

 

Je continue la série de questions du By Gala Project de Laetitia, la question suivante est :

T'aimes-tu ? Es-tu fière de toi ? Pourquoi ? 

Comme je suis pleine de contradictions, il peut y avoir des moments ou des côtés de moi que je n'arrive pas du tout à accepter et que parfois, même, je déteste, mais il y en a beaucoup d'autres que j'adore. En ce moment, je crois que je grandis et je change énormément. Je sens que j'avance vraiment de plus en plus vers la personne adulte que j'ai toujours souhaité devenir. Alors oui je m'aime de plus en plus. Je crois que si je revenais 2 ou 3 ans en arrière, je me rendrais compte à quel point je m'aime par rapport à avant. Je suis également fière de moi. J'ai des principes et des valeurs qui me tiennent très à coeur et je suis très fière de ça parce que je pense que ce sont des belles valeurs, de belles idées. Et puis, petite victoire, j'ai affronté une de mes plus grande peur hier soir ! Je suis allée à un concert toute seule. J'ai souvent peur de la foule, des espaces clos, surtout des salles de concert, et du fait d'être seule entourée d'inconnus, de me sentir gênée et mal dans ma peau. C'était un des meilleurs concerts auquel j'ai assisté et c'est celui ou je me suis le plus lâchée alors je peux dire que ça m'a rendue extrêmement fière.
Je pense être une bonne personne. Je compte continuer à évoluer et à m'épanouir avec moi-même, chaque jour encore plus. 

Et toi ? 

 

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26 septembre 2017

Un joli message

 

« J’aimerai la lumière car elle me montre le chemin
mais je supporterai l’obscurité car elle me montre les étoiles. »

Og Mandino

 

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05 septembre 2017

Je ne m'aime pas... encore

 

J'ai grandi auprès des personnes de ma famille de nature assez stressée, ce qui fait que très jeune, j'ai entendu des mots comme "mon psy", "angoisse" ou "attention !". J'ai donc le souvenir d'avoir toujours été, moi aussi, quelqu'un d'angoissée, et surtout avec énormément de peurs. Par exemple, j'étais tétanisée par les cours de natation à la piscine avec l'école parce que j'étais crispée et tendue dans l'eau et que j'avais peur de me noyer. Je me souviens aussi de mon grand-père qui tenait absolument à m'apprendre à faire du vélo sans les petites roues, et que la première fois où je me suis lancée, ça a marché et je suis tombée au moment où je m'étais arrêtée et je n'ai plus jamais voulu en refaire. 

Jusqu'au collège, j'étais une petite fille très studieuse et j'adorais apprendre et travailler, j'étais toujours la première de la classe. Ensuite j'ai perdu goût à l'apprentissage, préférant les relations d'amitié et rêvant de jolies histoires d'amour avec des garçons dont j'étais tombée "amoureuse". Puis en grandissant, je me suis rendue compte que je n'avais pas beaucoup de culture et que je ne m'intéressais pas à grand chose. J'avais l'impression qu'on nous imposait tellement ce qu'on devait apprendre à l'école que je ne m'intéressais jamais aux choses imposées. Et j'avais vraiment perdu ce goût à l'apprentissage que j'avais en primaire, donc après l'école, le soir, je n'avais envie que d'une chose : me détendre. La seule chose qui m'ait toujours passionnée c'était la musique, j'en écoutais tous les jours, de toutes sortes, et ça n'a jamais changé. 

Le collège a été une étape difficile au niveau émotionnel, j'en ai déjà parlé. Je n'avais pas confiance en moi, j'étais très réservée et timide et en grandissant, pour continuer sur cette lancée, j'ai commencé à faire la plus grosse bêtise de ma vie : me comparer aux autres. J'avais déjà a apprit à faire de mon mieux pour être ce que les autres voulaient que je sois et maintenant, je voulais être le meilleur que je voyais chez les gens qui m'entouraient. Je voulais être belle comme elle, drôle comme lui, généreuse comme ma grand-mère, raisonnable comme mon grand-père... Et je me suis complètement perdue. 

J'ai vécu plusieurs années sans comprendre vraiment qui j'étais, mais sans chercher vraiment à en savoir plus, je me suis fait plusieurs cercles d'amis, je faisais beaucoup la fête, j'avais des réactions surdimmentionnées avec l'alcool parfois, mais je m'en fichais parce que la plupart du temps, je m'amusais et surtout je fuyais mes angoisses, mon stress et cette boule au ventre qui revenait très souvent et que je connaissais depuis toujours. Je m'étais préparée à vivre une ou deux années de fête en arrêtant de réfléchir à des choses trop sérieuses, je voulais profiter, tout en sachant que c'était maintenant seulement, et que quand je serai une adulte et surtout quand j'aurai des enfants, je redeviendrai sérieuse et responsable. C'est ce que j'ai fait une bonne année et j'en suis assez contente. 

Quand j'ai arrêté pour la deuxième fois la fac et qu'il a fallut que je trouve un boulot, j'ai du faire face à des angoisses que j'avais laissée de côté depuis un petit bout de temps, volontairement, et je suis rentrée dans une phase très compliquée. J'y étais, il fallait que je fasse des choix, que je décide ce que je voulais faire, que je sache ce que je pouvais faire, que je comprenne de quoi j'étais capable, et je ne me sentais capable de rien, je me trouvais nulle, inculte, bête et triste.  J'ai compris que je n'aimais pas du tout la personne que j'étais, ce que je faisais. Je n'y arrivais pas, j'étais bloquée. J'ai bien senti qu'autour de moi, personne ne comprenait, parce que c'était pourtant normal et facile d'aller voir quelqu'un pour se vendre en disant qu'on cherche un boulot et qu'on est motivé. Non, pour moi c'était la plus grosse épreuve, parce que comment parler de mes capacités, comme dire à quelqu'un que je valais mieux qu'un autre pour faire un travail alors que je ne savais toujours pas qui j'étais moi-même, et que je ne m'en croyais pas capable. Alors j'ai bien ressentie les jugements de mes proches, ils se disaient que j'étais fainéante, que je ne faisais pas d'effort.. Et pourtant ils ne savaient pas qu'à ce moment précis, j'ai commencé une des plus grosse épreuve de ma vie : trouver et comprendre qui je suis. 

Ce qu'il s'est passé durant cette période, c'est que non seulement je me sentais jugée et incomprise, mais en plus je pense que j'avais moi-même besoin de me retrouver seule, face à moi-même, donc je me suis énormément éloignée de mon entourage et surtout de mes amis. Je leur en voulais aussi, d'avoir choisi de s'arrêter à une idée aussi simpliste qui disait que je n'étais juste pas du tout courageuse. J'avais quand même mon chéri, avec qui j'ai traversé ce moment et qui m'a lui aussi aidé à apprendre beaucoup de moi. 

J'ai donc affronté mes questions, mon stress, ma timidité qui revenait à grand pas, j'ai du m'affronter. J'ai compris que je n'avais jamais accepté mon corps, que je l'avais toujours détesté et qu'une des étapes à passer pour avancer était de commencer à l'aimer. J'ai compris que j'avais envie d'avoir plus de connaissances et d'apprendre plein de choses, en dehors du système scolaire, j'ai commencé à aller de plus en plus au cinéma et à avoir mes préférences, rien qu'à moi. Je me suis beaucoup renseignée sur tous les artistes qui m'inspiraient, me passionnaient et me faisaient du bien, en essayant de connaitre tout ce qu'ils avaient fait : films, chansons, peintures... Grâce à tout ça, je ne savais pas encore qui j'étais mais je savais au moins ce que j'aimais et c'était un grand pas.
J'ai rencontré d'autres personnes, d'une façon différente : virtuelle. Des vidéastes surtout, qui m'ont montré la vie d'une façon différente et qui me correspondaient tellement plus. Ils m'ont fait comprendre que j'avais essayé d'être quelqu'un que les gens aiment et qu'il fallait maintenant que je devienne ce que j'avais envie d'être depuis toujours. J'ai vu plein de jolies choses en moi que je ne connaissais même pas, je me suis concentrée sur mes valeurs et mes principes auxquels je suis très attachée depuis toujours. J'ai vu que j'avais de nombreuses qualités. J'ai appris que ma différence était exceptionnelle et qu'il fallait définitivement que j'arrête de croire que c'était une difficulté. Grâce à ces personnes, j'ai compris qu'on doit s'accepter et apprendre à s'aimer, soi, parce que jusqu'à la fin de notre vie, on devra vivre avec soi, uniquement. 

Alors voilà ce qu'est ma vie depuis environ 1 an, depuis que j'ai "rencontré" ces nouvelles personnes, je fais du mieux que je peux pour me connaître enfin, me comprendre et m'aimer. Et pour ça, il faut surtout ne pas se comparer, ne pas penser aux autres, parce qu'ils veulent toujours qu'on soit comme ils aimeraient, et si on ne veut pas les décevoir, on se force parfois à aller à l'encontre de nos réelles envies. J'ai décidé de ne plus tomber dans ce piège. A présent, si je me sens mal à l'aise avec des personnes qui sont censées être mes amis et que je suis mal dans ma peau, je fais en sorte de me persuader que c'est qu'ils ne me correspondent simplement plus et que personne n'a le droit de me faire croire que je dois changer et que je ne suis pas assez bien. Je travaille à rester moi-même, à devenir celle que je veux être et à m'aimer, enfin... 

J'avais besoin d'écrire à ce sujet pour que toi, qui me lis, comprennes mieux mes démarches, et voit peut-être des évolutions au fur et à mesure. Parce que je vais surement aborder ce sujet assez régulièrement alors il m'était important d'expliquer la situation. J'avais besoin de parler du fait de s'accepter et de s'aimer, parce que c'est la plus grosse épreuve que j'ai dû surmonter jusqu'à maintenant, malgré toutes les expériences de vie difficiles que j'ai pu rencontrer, celle-ci est la plus longue à surmonter. Mais je crois que je peux y arriver. Et j'avais besoin de le partager parce que je sais que je pourrai rencontrer encore d'autres personnes qui se reconnaitront dans ce que je raconte et pourront me comprendre, et que ça fait toujours du bien de sentir qu'on n'est loin d'être seul dans cette situation. 

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Si toi aussi tu te sens, ou tu t'es parfois senti(e) à l'écart et mal dans ta peau, sache que tu dois t'aimer et apprendre à ne plus fonctionner uniquement en pensant aux autres. C'est surement la recette du bonheur.