05 septembre 2017

Je ne m'aime pas... encore

 

J'ai grandi auprès des personnes de ma famille de nature assez stressée, ce qui fait que très jeune, j'ai entendu des mots comme "mon psy", "angoisse" ou "attention !". J'ai donc le souvenir d'avoir toujours été, moi aussi, quelqu'un d'angoissée, et surtout avec énormément de peurs. Par exemple, j'étais tétanisée par les cours de natation à la piscine avec l'école parce que j'étais crispée et tendue dans l'eau et que j'avais peur de me noyer. Je me souviens aussi de mon grand-père qui tenait absolument à m'apprendre à faire du vélo sans les petites roues, et que la première fois où je me suis lancée, ça a marché et je suis tombée au moment où je m'étais arrêtée et je n'ai plus jamais voulu en refaire. 

Jusqu'au collège, j'étais une petite fille très studieuse et j'adorais apprendre et travailler, j'étais toujours la première de la classe. Ensuite j'ai perdu goût à l'apprentissage, préférant les relations d'amitié et rêvant de jolies histoires d'amour avec des garçons dont j'étais tombée "amoureuse". Puis en grandissant, je me suis rendue compte que je n'avais pas beaucoup de culture et que je ne m'intéressais pas à grand chose. J'avais l'impression qu'on nous imposait tellement ce qu'on devait apprendre à l'école que je ne m'intéressais jamais aux choses imposées. Et j'avais vraiment perdu ce goût à l'apprentissage que j'avais en primaire, donc après l'école, le soir, je n'avais envie que d'une chose : me détendre. La seule chose qui m'ait toujours passionnée c'était la musique, j'en écoutais tous les jours, de toutes sortes, et ça n'a jamais changé. 

Le collège a été une étape difficile au niveau émotionnel, j'en ai déjà parlé. Je n'avais pas confiance en moi, j'étais très réservée et timide et en grandissant, pour continuer sur cette lancée, j'ai commencé à faire la plus grosse bêtise de ma vie : me comparer aux autres. J'avais déjà a apprit à faire de mon mieux pour être ce que les autres voulaient que je sois et maintenant, je voulais être le meilleur que je voyais chez les gens qui m'entouraient. Je voulais être belle comme elle, drôle comme lui, généreuse comme ma grand-mère, raisonnable comme mon grand-père... Et je me suis complètement perdue. 

J'ai vécu plusieurs années sans comprendre vraiment qui j'étais, mais sans chercher vraiment à en savoir plus, je me suis fait plusieurs cercles d'amis, je faisais beaucoup la fête, j'avais des réactions surdimmentionnées avec l'alcool parfois, mais je m'en fichais parce que la plupart du temps, je m'amusais et surtout je fuyais mes angoisses, mon stress et cette boule au ventre qui revenait très souvent et que je connaissais depuis toujours. Je m'étais préparée à vivre une ou deux années de fête en arrêtant de réfléchir à des choses trop sérieuses, je voulais profiter, tout en sachant que c'était maintenant seulement, et que quand je serai une adulte et surtout quand j'aurai des enfants, je redeviendrai sérieuse et responsable. C'est ce que j'ai fait une bonne année et j'en suis assez contente. 

Quand j'ai arrêté pour la deuxième fois la fac et qu'il a fallut que je trouve un boulot, j'ai du faire face à des angoisses que j'avais laissée de côté depuis un petit bout de temps, volontairement, et je suis rentrée dans une phase très compliquée. J'y étais, il fallait que je fasse des choix, que je décide ce que je voulais faire, que je sache ce que je pouvais faire, que je comprenne de quoi j'étais capable, et je ne me sentais capable de rien, je me trouvais nulle, inculte, bête et triste.  J'ai compris que je n'aimais pas du tout la personne que j'étais, ce que je faisais. Je n'y arrivais pas, j'étais bloquée. J'ai bien senti qu'autour de moi, personne ne comprenait, parce que c'était pourtant normal et facile d'aller voir quelqu'un pour se vendre en disant qu'on cherche un boulot et qu'on est motivé. Non, pour moi c'était la plus grosse épreuve, parce que comment parler de mes capacités, comme dire à quelqu'un que je valais mieux qu'un autre pour faire un travail alors que je ne savais toujours pas qui j'étais moi-même, et que je ne m'en croyais pas capable. Alors j'ai bien ressentie les jugements de mes proches, ils se disaient que j'étais fainéante, que je ne faisais pas d'effort.. Et pourtant ils ne savaient pas qu'à ce moment précis, j'ai commencé une des plus grosse épreuve de ma vie : trouver et comprendre qui je suis. 

Ce qu'il s'est passé durant cette période, c'est que non seulement je me sentais jugée et incomprise, mais en plus je pense que j'avais moi-même besoin de me retrouver seule, face à moi-même, donc je me suis énormément éloignée de mon entourage et surtout de mes amis. Je leur en voulais aussi, d'avoir choisi de s'arrêter à une idée aussi simpliste qui disait que je n'étais juste pas du tout courageuse. J'avais quand même mon chéri, avec qui j'ai traversé ce moment et qui m'a lui aussi aidé à apprendre beaucoup de moi. 

J'ai donc affronté mes questions, mon stress, ma timidité qui revenait à grand pas, j'ai du m'affronter. J'ai compris que je n'avais jamais accepté mon corps, que je l'avais toujours détesté et qu'une des étapes à passer pour avancer était de commencer à l'aimer. J'ai compris que j'avais envie d'avoir plus de connaissances et d'apprendre plein de choses, en dehors du système scolaire, j'ai commencé à aller de plus en plus au cinéma et à avoir mes préférences, rien qu'à moi. Je me suis beaucoup renseignée sur tous les artistes qui m'inspiraient, me passionnaient et me faisaient du bien, en essayant de connaitre tout ce qu'ils avaient fait : films, chansons, peintures... Grâce à tout ça, je ne savais pas encore qui j'étais mais je savais au moins ce que j'aimais et c'était un grand pas.
J'ai rencontré d'autres personnes, d'une façon différente : virtuelle. Des vidéastes surtout, qui m'ont montré la vie d'une façon différente et qui me correspondaient tellement plus. Ils m'ont fait comprendre que j'avais essayé d'être quelqu'un que les gens aiment et qu'il fallait maintenant que je devienne ce que j'avais envie d'être depuis toujours. J'ai vu plein de jolies choses en moi que je ne connaissais même pas, je me suis concentrée sur mes valeurs et mes principes auxquels je suis très attachée depuis toujours. J'ai vu que j'avais de nombreuses qualités. J'ai appris que ma différence était exceptionnelle et qu'il fallait définitivement que j'arrête de croire que c'était une difficulté. Grâce à ces personnes, j'ai compris qu'on doit s'accepter et apprendre à s'aimer, soi, parce que jusqu'à la fin de notre vie, on devra vivre avec soi, uniquement. 

Alors voilà ce qu'est ma vie depuis environ 1 an, depuis que j'ai "rencontré" ces nouvelles personnes, je fais du mieux que je peux pour me connaître enfin, me comprendre et m'aimer. Et pour ça, il faut surtout ne pas se comparer, ne pas penser aux autres, parce qu'ils veulent toujours qu'on soit comme ils aimeraient, et si on ne veut pas les décevoir, on se force parfois à aller à l'encontre de nos réelles envies. J'ai décidé de ne plus tomber dans ce piège. A présent, si je me sens mal à l'aise avec des personnes qui sont censées être mes amis et que je suis mal dans ma peau, je fais en sorte de me persuader que c'est qu'ils ne me correspondent simplement plus et que personne n'a le droit de me faire croire que je dois changer et que je ne suis pas assez bien. Je travaille à rester moi-même, à devenir celle que je veux être et à m'aimer, enfin... 

J'avais besoin d'écrire à ce sujet pour que toi, qui me lis, comprennes mieux mes démarches, et voit peut-être des évolutions au fur et à mesure. Parce que je vais surement aborder ce sujet assez régulièrement alors il m'était important d'expliquer la situation. J'avais besoin de parler du fait de s'accepter et de s'aimer, parce que c'est la plus grosse épreuve que j'ai dû surmonter jusqu'à maintenant, malgré toutes les expériences de vie difficiles que j'ai pu rencontrer, celle-ci est la plus longue à surmonter. Mais je crois que je peux y arriver. Et j'avais besoin de le partager parce que je sais que je pourrai rencontrer encore d'autres personnes qui se reconnaitront dans ce que je raconte et pourront me comprendre, et que ça fait toujours du bien de sentir qu'on n'est loin d'être seul dans cette situation. 

_DSC9536

Si toi aussi tu te sens, ou tu t'es parfois senti(e) à l'écart et mal dans ta peau, sache que tu dois t'aimer et apprendre à ne plus fonctionner uniquement en pensant aux autres. C'est surement la recette du bonheur. 

 


31 mai 2017

Défauts.. ?

 

Voilà, depuis toujours j'ai des complexes, et d'autres apparaissent avec le temps. J'ai toujours eu du mal à m'accepter, à accepter mon physique, à ne pas écouter les critiques. Je n'aurais pas dit non à devenir quelqu'un d'autre il y a quelques années. Mais aujourd'hui j'ai compris que je n'avais pas le choix, qu'il fallait un jour que je commence à m'aimer parce que je devrais m'accepter jusqu'à la fin de ma vie. J'ai eu l'idée de photographier ce que j'aime et surtout ce que j'aime un peu moins chez moi, pour comprendre que ce n'est pas si laid. 

_DSC8405_DSC8349_DSC8366

 

Oui, depuis des années je souris très rarement à pleine dent, parce que je les trouve affreuses. C'est difficile pour moi de mettre en ligne ces photos, mais après tout, est-ce que c'est si horrible que je le voyais depuis tout ce temps ? Peut-être pas finalement. Et même si ça ne plaît pas à tout le monde, qu'est-ce que ça peut bien faire ? 

_DSC8369_DSC8382

Bon alors j'ai prit quelques kilos et j'ai beaucoup plus de formes qu'avant. Après mon opération, je suis restée allongée un moment et mon chéri m'a fait manger ce qu'il avait le temps de "préparer", c'est à dire du gras. Je ne sais pas si ce sont des défauts que je déteste. J'ai un peu de mal pour l'instant parce que je ne suis pas habituée, mais en fait, je m'en fiche un peu. J'ai un petit ventre de bébé oui, des hanches féminines et des fesses bien rebondies, et alors ? Je ne dois pas me plaindre, avant j'étais complexée parce que j'étais trop maigre, je ne peux pas être parfaite ! Un petit peu trop ou pas assez ? Je prendrai ce qu'il y a.

_DSC8357_DSC8358

 

Alors voilà la dernière arrivée sur mon corps. Je n'ai pas pu photographier la partie de cette cicatrice un peu moins "jolie", non pas que je ne le veuille pas, juste parce que c'était un peu compliqué de prendre tout mon genou en photo dans cette position.
Ma deuxième opération du genou m'a laissé une plus grosse trace que la première. Je mets ces photos parce que j'ai déjà entendu des gens dire qu'ils étaient complexés par leur(s) cicatrice(s). Moi j'en suis fière, c'est même sûrement ma plus grande fierté ! Parce que je le dis, j'ai vraiment énormément souffert à cause de ce genou, ça fait 9 ans que ça dure, c'est mon troisième accident qui me bloque pour quelques mois chez moi. Et je suis tellement endurcie grâce à ça. Aujourd'hui, je marche. Même si je boite et même si j'aurai des séquelles et des douleurs toute ma vie, je suis heureuse de marcher. On ne s'en rend jamais compte, mais c'est une chance, je peux même recommencer à danser ! Quel bonheur. 

_DSC8394

Alors, est-ce que ce sont vraiment des défauts ? Ce sont surtout mon visage, mon corps et mon vécu. Autant les accepter et les aimer, ça représente juste mon identité... On est comme en naît et comme on doit être. 

 

 

Posté par Justine_dlh à 11:45 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :