25 mars 2018

Je noue - 10 ans

Je continue la série de questions du By Gala Project de Laetitia, la question suivante est :

Quelle est l'expérience qui t'a marqué, en tant qu'enfant ou en tant qu'adulte ? 

Ca fait un moment que je voulais en parler ici et cette question ne me laisse pas le choix, c'est une expérience qui m'a marqué psychologiquement mait aussi physiquement. Il faut que je parle de mon genou. 

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En septembre 2007, c'était, je crois, la première semaine d'école de l'année. Je venais donc de rentrer en 4ème. L'école me stressait, surtout le collège et la rentrée ne m'enchantait jamais, j'étais angoissée la veille, je ne dormais pas, je devais puiser la force que j'avais au fond de moi pour faire comme si de rien n'était en arrivant devant mes camarades. Cette angoisse est arrivée surtout au collège, avec la préadolescence, tout qui change et la bêtise et la méchanceté omniprésente à cette période, dans les cours d'école. En plus du simple fait de devoir aller en cours, certains cours me paniquaient encore plus, comme le sport. A ce moment là, comme beaucoup d'enfants de mon âge, je détestais mon corps, les filles se comparent dans le vestiaire, et parfois se jugent. La performance qu'on va donner pendant le cours va jouer sur notre réputation, les moqueries sont inévitables et moi, j'étais nulle... 

Un ou deux jours avant le cours de sport, j'ai donc commencé à stresser, le soir surtout, seule dans mon lit. Et j'ai prié en disant : J'aimerais me blesser au genou, et je ne serai plus obligée à faire du sport. 
C'est la seule et unique prière qui ait été exaucée aussi bien et aussi rapidement, et je le regrette. 

Je m'en souviens, nous avions 2h de cours de français, on avait le droit à une pause entre les deux, j'étais sous le préau, je parlais dans un petit groupe de filles je crois. Et derrière moi, deux garçons se chamaillaient, jouaient à se bagarrer. Ils sont tombés, sauf qu'il y avait un obstacle, ma jambe. Je passe les détail, mais j'ai vu mon genou (ma rotule, précisémment), à un endroit de mon corps qui n'était pas son endroit habituel. J'ai hurlé comme jamais je ne l'avais fait, d'abord à cause du choc visuel, mais je ne m'attendais pas à ce que toute ma vie change à partir de ce moment. 
J'ai patienté à l'infirmerie pendant deux heures. Il fallait attendre ma mère. Ma rotule s'était remise en place quand un des deux garçon m'avait gentiment relevé, mais la douleur avait débuté à partir de là. Aux urgences, on m'a seulement fait une radio, on m'a dit que j'avais une entorse et on m'a mit un strapping : entre la bande extensible et le platre. 
Mon genou continuait de gonfler parce que j'avais un épanchement, et j'étais bloquée, serrée dans une bande que je ne pouvais pas enlever. J'ai connu à ce moment là, la douleur la plus horrible de toute ma vie, et je criais comme si on me torturait. 
Bien sûr, je me suis fait disputer par l'infirmière (je ne sais même pas si elle était infirmière d'ailleurs) parce que "on n'allait quand même pas m'hospitaliser pour un genou non ?" ... J'aimerais qu'elle me lise, j'aimerais qu'elle sache à quel point ils ont fait n'importe quoi et que 10 ans plus tard, tout est bousillé. 

Bref, je ne vais pas tout raconter en détail mais j'ai été 1 mois et demi allitée. Oui allongée, sans bouger. On me portait jusqu'à la douche, ou bien je me lavais avec des bassines, je faisais mes besoins dans un plat bassin... Et pendant ce temps, au collège, on se moquait de moi et bien entendu on disait que je faisais "DU CHIQUET", du cinéma... 

Pour ma confiance en moi, c'était horrible. Je souffrais véritablement, je ne savais toujours pas ce que j'avais mais c'est sûr, ce n'était pas une entorse. J'étais incapable de bouger à cause de la douleur et on m'accusait de faire semblant. C'était insupportable et en plus de la douleur physique, mon état émotionnel était au plus bas. Je ne m'étais jamais sentie aussi malheureuse. 
Après un mois et demi allongée, j'ai eu un mois et demie pour apprendre à marcher avec des béquilles, pour apprendre à gérer la douleur, pour trouver le courage de l'affronter et commencer la rééducation. Je suis retournée au collège après 3 mois d'absence, je voyais bien qu'on me demandait comment j'allais le premier jour par politesse. Et puis après quelques jours, mes "copines" m'imitaient quand je boitais, avaient des fou-rires pendant que j'avais les larmes aux yeux mais que j'essayais de ne rien montrer pour que les moqueries ne soient pas empirées. 

Je me suis reconstruite, petit à petit, j'ai essayé de reprendre confiance en moi et en mon corps, en mon genou. On me touchait l'épaule, je disais "attention à mon genou". Bien sûr, ça exaspérait les gens : "On n'y a pas touché à ton genou !" ... Bien sûr. 

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 Cinq ans plus tard, après cinq ans de dispenses de sport, je me rends compte que j'ai besoin de me défouler. Pour la première fois de ma vie, j'ai envie d'en faire, j'ai envie de courir, j'ai envie de libérer les émotions qui me pèsent à cause de problèmes familiaux. En cours de sport avec le lycée, c'est une période où on fait de la course et où je suis sensée chronométrer mes camarades, en tant que dispensée à l'année. Mais là, j'ai envie d'essayer, j'ai envie de courir. Je le fais prudemment, mais je me sens mieux. 

Quelques jours plus tard, je suis avec des amis dehors, je joue avec un ballon de football avec un garçon, on s'amuse, on rit, et puis pour me faire perdre l'équilibre, il me met un petit coup derrière le genou. Je tombe immédiatement, je hurle, je sens que quelque chose a bougé et que je dois aller aux urgences. 
A ce moment là j'ai pleuré, énormément... Mais la douleur ne m'atteignait pratiquement pas par rapport à la première fois, je me suis seulement dit : ça recommence. 

A cette blessure, j'étais beaucoup plus forte physiquement, j'étais un peu mieux entourée et j'avais plus de courage pour affronter les contraintes. J'ai vu un chirurgien, il m'a expliqué qu'au collège, mon ligament fémoro-patellaire (je le précise parce que je ne me suis pas fait les croisés, comme beaucoup le pensent, comme c'est le plus commun) s'était pratiquement brisé et qu'il était, depuis, tellement distendue qu'un minuscule coup me l'a rompu. Il fallait m'opérer pour me créer un faux ligament, qui tiendrait tout ça en place. 
Cette année là, j'ai été beaucoup plus courageuse, j'ai tout affronté avec le sourire, je continuais même à faire la fête certains soirs. Ce n'était pas sérieux, j'avais encore plus mal le lendemain, mais j'étais forte et j'étais fière de moi. 

L'opération a été difficile, je ne m'attendais pas à souffrir autant qu'à mon réveil. A vrai dire, je me souviens m'être réveillée en pleurant, je pleurais avant même d'avoir repris conscience tellement c'était douloureux. J'ai eu des anti-douleurs et j'ai dormi et vite retrouvé le sourire. Mais j'étais dans le service de soins intensifs. 
Quand je suis retournée dans ma chambre le lendemain, j'ai passé une nouvelle nuit à la clinique. J'ai appelé une infirmière parce que j'avais besoin de faire pipi, pour qu'elle m'amène un bassin. Elle m'a ordonné de me lever, il le fallait. Il était environ 23h ou minuit, et il fallait que je me lève, alors que personne ne m'avait encore dit de le faire depuis mon opération. Elle m'a accompagné jusqu'à la salle de bain, je souffrais mais j'étais surtout très faible. Et elle est partie. J'ai réussi à retourner jusqu'à mon lit et au moment ou je me suis assise, je ne voyais plus rien, je n'entendais plus rien. Il m'a fallu quelques secondes pour que ça revienne. J'aurais pu faire un malaise, tomber, m'évanouir entre les toilettes et le lit, et peut-être détruire toute mon opération... 
Je sais que ces personnes sont peu nombreuses dans les cliniques et hôpitaux, mais je veux quand même le dire, certains font n'importe quoi et sont tellement désagréables, comme si notre douleur n'était pas légitime, comme si on n'était pas assez malade, comme si les collégiens débiles avaient raisons de se moquer... 

Après ça, il y a eu quelques jours difficiles et douloureux, où je pouvais à peine marcher, et le courage est revenu. J'ai fait ma rééducation avec une motivation que je n'avais jamais ressentie, je me dépassais, je faisais du sport, et ça me faisait beaucoup de bien. 
J'ai pu remarcher, doucement, avec une cicatrice de quelques centimètres et deux vis en plus et avec plus de difficulté qu'après ma première blessure, mais ça s'est remit. 

Jusqu'à la dernière... En 2016, quatre ans après. Je ne saurais pas dire comment j'ai fait, je suis tombée deux fois pendant une soirée arrosée, et c'est deux jours après que j'ai eu une douleur horrible et que mon genou a commencé à gonfler, je ne pouvais plus marcher sans béquilles. Mon ligament m'avait de nouveau laché. J'ai vu un chirurgien à Rouen, une plus grande ville. J'aurais du le faire depuis le début. J'ai appris, après 9 ans, que j'avais un fémur déformé. Il fallait qu'on m'opère et qu'on me fasse 3 opérations d'un coup. On devait me creuser un os, me créer un nouveau ligament et remettre tout bien en place et dans l'axe. 
J'ai du attendre 6 mois avant de me faire opérer, parce que l'opération est tellement rare qu'il n'y a qu'une machine en France pour pouvoir la faire. 

Je me souviens d'une soirée, ou je suis allée faire un pique-nique avec une amie (qui n'est plus une amie aujourd'hui). J'étais donc en béquilles et j'attendais mon opération. Je pouvais marcher un peu sans, puisque ma tolérance à la douleur était maintenant très forte. Et cette fille m'a raconté avec tellement de peine, qu'une de ses amis était terriblement malchanceuse parce qu'elle devait se faire opérer des ligaments croisés, et qu'elle allait être un mois en rééducation (environ)... Elle me disait ça à moi, qui était en béquille à côté d'elle. Alors bien sûr, les croisés, je n'en doute pas, c'est douloureux. C'est le genou, je pense que la douleur est similaire, et qu'est-ce que ça fait mal ! Ma kiné me l'avait dit, le genou et l'épaule, c'est le plus douloureux. Mais j'avais l'impression qu'on ne me prenait toujours pas au sérieux. On plaignait une amie pour une opération qui, je le sais, peut permettre de remarcher en 1 mois ! Ca faisait pratiquement 5 mois que je ne pouvais pas marcher, et la suite allait être encore plus longue. 

Honnêtement, c'est exactement pour ce genre de choses débiles que j'ai entendu que je suis si traumatisée par tout ce que les autres peuvent ignorer d'une blessure importante. Et c'est pour ça aussi que j'ai besoin d'en parler. Etre en béquilles, c'est déjà très difficile, et personne ne s'en rend compte. Peut-être parce qu'en général, des béquilles, ça dure le temps d'une fameuse entorse, cette entorse qu'on m'avait diagnostiqué.. Et qu'ensuite tout repart. 
Mais pour moi ce n'est pas le cas, et je sais très bien que des gens vivent en béquilles, tout le temps. Et je leur souhaite le plus de courage possible pour garder le sourire. 

Bref, l'opération est arrivée, j'y suis allée sereinement, avec une petite appréhension mais en sachant plus ou moins ce qui m'attendait, je savais que j'allais souffrir. Le chirurgien m'avait dit que je sortirai le jour même, ou le lendemain. Je suis restée deux semaines à la clinique. Deux amies sont venues me voir en deux semaines. J'ai eu la chance d'avoir un amoureux qui venait tous les jours, en plus de son travail qui l'épuisait. Quand je suis rentrée, je ne pouvais pratiquement rien faire, je marchais comme un escargot, et il a tout géré, je ne le remercierai jamais assez. Plus personne ne m'a rendu visite, j'ai perdu un bon nombre d'amis, mais j'avais trouvé un amour plus fort que tout. Ma rééducation a duré 9 mois. Je suis restée plus d'un an en béquilles. 

Ca fait 10 ans que tout a commencé, j'ai passé environ 2 ans et demi de ma vie en tout avec des béquilles ou allongée avec la jambe immobilisée. J'ai connu la sensation de me déplacer en fauteuil roulant et les visages totalement différents quand je levais le regard. J'ai connu les gens qui regardaient ailleurs, ceux qui regardaient ma jambe, parce que l'envie de savoir ce que j'ai est apparemment trop intense. Maintenant j'ai une cicatrice d'une vingtaine de centimètres et trois vis dans la jambe. L'été, quand je mets un short ou une jupe, les gens baissent le regard jusqu'à celle-ci. Je comprends, ce n'est pas commun, et en fait ça ne me dérange pas. Oui je suis marquée, mais pas autant que je l'ai été psychologiquement. 

Mon chirurgien me l'a dit, si mon opération ne tient pas, j'aurais une protèse, un faux genou, c'est la prochaine étape. Il y a certains jours ou je ne peux presque plus marcher. Je suis reconnue comme handicapée auprès de la MDPH, et je ne peux plus faire de sport ou danser comme je le voudrais. Cette blessure a changé de nombreuses choses dans ma vie, à plusieurs périodes de ma vie et elle influencera encore les années à venir, mais c'est devenue une de mes plus grandes forces. 


08 mars 2018

Ton bonheur ne doit jamais dépendre des autres

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Aujourd'hui je voudrais te parler d'un sujet qui me tient particulièrement à coeur parce que c'est une des prises de conscience que j'ai eu qui a le plus changé ma vie, ma vision du bonheur, des autres et surtout de moi-même. 
Je crois que c'est ce qui m'a toujours empêché d'avancer. Pendant plus de 22 ans, j'étais persuadée que mon bonheur dépendait des autres. Je ne sais pas vraiment d'où cette idée me venait. J'ai l'impression que c'est peut-être une idée très commune et que beaucoup pensent ça, mais je n'en suis pas certaine. Dans tous les cas, c'était une réelle conviction pour moi : si j'allais mal, c'était à cause des autres et pour aller bien, j'avais besoin des autres.

Quand j'y repense, je trouve ça absurde parce que j'ai parcouru beaucoup de chemin depuis que j'ai compris ça. Mais malgré tout, ce n'est pas si loin de moi, j'arrive encore à me sentir mal en pensant à des personnes, et à croire que c'est à cause d'eux que j'ai une boule au ventre. 

Pour réussir à te libérer de ces idées, tu as besoin de 2 choses : 
- Savoir te remettre en question
- Réussir à prendre du recul 

Ce n'est vraiment pas facile à faire, et je pense qu'il faut beaucoup d'entraînement. Même en le sachant pertinemment, j'ai du mal à l'appliquer quand des émotions très complexes arrivent comme le regret, la jalousie et surtout la rancoeur. 
Il faut que tu prêtes énormément d'attention à ces émotions, comprendre pourquoi tu les ressens, d'où elles viennent véritablement. Est-ce que l'autre t'a imposé cette sensation volontairement ? Est-ce que quelqu'un est vraiment capable de t'imposer une sensation ? Comme si il rentrait dans ton corps pour te faire du mal... Je ne pense pas. Tout se joue dans TA tête, dans ta façon de réagir et de voir les événements. C'est toi qui les interprète et c'est toi qui réagis en fonction de ton caractère, de ce qu'on t'a apprit dans ton éducation, de tes humeurs etc...  C'est toi qui te la fais subir, cette sensation désagréable. 
Alors bien sûr, parfois tu rencontres des gens qui n'ont pas forcément de bonnes intentions. Parfois ce sont des maladresses mais oui, ces personnes te font du mal, volontairement ou non. Mais dis-toi bien qu'elles ne pourront jamais contrôler ce que tu peux sentir au fond de toi, il n'y a que toi qui peut le faire. 

Cette idée rejoint celle qui m'a poussée à devenir ma propre meilleure amie, parce que j'ai compris que la seule personne qui pouvait changer mon état d'esprit, c'était moi.
Oui, ta famille, tes amis, ton entourage peut te conseiller, te soutenir, montrer de la compassion et être là pour toi. Mais ils auront beau faire et dire tout ce qu'ils pensent être le mieux pour toi, si tu ne décides pas de changer ton état d'esprit, il ne changera jamais. C'est à toi de le faire. 

Je crois qu'il est important de comprendre ça pour améliorer notre relation aux autres. Je vais te donner un exemple. 
On a tous connu, je pense, une amie qui venait de se séparer de son premier amour. Et si tu l'as vécu aussi, tu sais à quel point la douleur est compliquée à gérer. 
Souvent, quand c'est ta copine, par compassion, tu détestes un peu le garçon qui lui fait du mal. Alors tu lui dis que c'est un con, qu'il ne la méritait pas, qu'elle sera mieux sans lui blablabla... Et puis les jours passent, les semaines et ton amie ne va pas mieux. Tu lui donnes de plus en plus de conseils qui, toi, t'ont peut-être aidé à sortir de cette phase difficile : se changer les idées, voir du monde, s'occuper, faire du sport.. Peu importe. Et ta copine ne suit pas tes conseils, elle dit oui, elle dit merci, mais elle n'évolue pas. Et toi, tu t'énerves, et tu commences à perdre patience. 
Si tu as compris que toi seule peux agir pour ton bonheur, tu sais alors que c'est normal. Tu peux faire tout ce que tu veux pour une personne que tu aimes, tant qu'elle-même ne voudra pas changer, ça ne changera pas. 
Je ne dis pas que ça ne sert à rien, soutenir ton amie est primordial. Mais lui en vouloir de ne pas écouter tes conseils, c'est bête, parce que ce n'est pas toi qui pourra changer sa vie et son bonheur, c'est elle, toute seule. 

Tout comme toi, tu ne pourras pas recevoir un miracle et faire disparaitre toutes tes douleurs émotionnelles en attendant que quelqu'un vienne te secouer et les fasse disparaître. C'est à toi de réfléchir, de te remettre en question et de prendre le recul nécessaire pour démêler tous les noeuds qui se sont créer et te libérer de ce qui t'empêche de te sentir léger(e). 

Le dernier avantage que j'ai senti en apprenant ça, c'est que tu pourras d'autant plus aider, justement, ton entourage. 
Souvent, je me rendais malade de ne pas réussir à calmer les douleurs des gens que j'aime. Maintenant, je sais que je ne pourrai jamais le faire. 
Et puis, si je n'étais pas heureuse, moi-même, si je ne savais pas comment me rendre heureuse, je ne pouvais certainement pas le faire pour les autres ! 
- Aide toi, toi-même, et tu pourras aider les autres.- 

Tu pourras les aider, mais tu ne pourras jamais contrôler leurs pensées, leurs ressentis, comme ils ne pourront jamais contrôler les tiens. 

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18 février 2018

J'ai l'impression que c'est trop tard

Depuis maintenant environ 2 ans, j'ai eu l'impression d'avoir un énorme déclic, une prise de conscience qui a changé énormément de choses dans ma vie. J'ai compris à quel point la nature est en danger alors qu'elle est sûrement ce qu'il y a de plus important. 
Je ne le comprenais pas, c'était quelque chose qui me dépassait, les humains sont tellement imposant, ils prennent beaucoup de place, et notre petite personne nous semble être ce qu'il faut protéger avant tout. 
J'avais remarqué depuis plusieurs années que mon humeur était toujours liée au temps. Je pouvais avoir des mauvaises nouvelles, si il faisait beau et que le soleil était présent, tout parraissait plus doux, et inversement.. Si tout allait bien dans ma vie et qu'en ouvrant les volets, tout était gris, tout devenait plus fatiguant... 

Et puis un jour, j'ai eu ce signe que m'a envoyé l'univers, j'ai eu l'impression que le soleil me parlait, que les arbres me parlaient, et qu'ils me disaient : "Je suis à côté de toi et je t'aime." 
J'ai senti ce réconfort que peut nous apporter un ami formidable, qui nous veut que du bien. 
Et j'ai compris que je n'avais jamais rien donné en retour... Je ne faisais que profiter de ces présences inconsciemment, comme en leur prenant leur énergie, sans penser à eux. 
J'avais toujours tellement voulu donner en amitié, et je sentais toujours un vide... Et pourtant je faisais la même chose à la nature, qui m'offrait tellement gratuitement. 

A partir de ce moment, j'ai compris qu'il fallait que ma vie change, que je devais enfin apporter ce que je pouvais à la planète. Il fallait déjà que j'arrête beaucoup de mauvaises habitudes. Alors j'ai commencé à essayer de réduire au maximum mes déchets, et à faire le tri. C'est une habitude que je n'avais jamais eu... Je ne comprenais pas l'intérêt, et d'un coup, ça me parraissait si évident. J'ai enlevé de mon quotidien les produits dangereux. Doucement, je réduis chaque semaine ma consommation de viande. etc... 

Mais parfois, je culpabilise quand je repense à toutes les bêtises que j'ai pu faire, et je me demande si maintenant, ça sert encore à quelque chose. Bien sûr, mais j'aimerais que tous les autres êtres humains puissent comprendre qu'il faut le faire ensemble et tous les jours. J'ai peur du mal qu'on a fait et qu'on peut encore faire à cette nature si magnifique, et si malade maintenant... qui s'essouffle 

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Et il y a une deuxième chose pour laquelle je me bats depuis cette prise de conscience et qui me fait terriblement peur. Un de mes objectifs depuis toujours dans la vie est de devenir une maman plus tard. Je souhaite avoir des enfants, je souhaite leur offrir ce qu'il y a de meilleur. En plus d'avoir fait du mal à cette magnifique nature, je me suis fait du mal à moi-même pendant tellement d'années... j'ai mangé des produits qui n'avaient pratiquement plus rien de naturel quotidiennement, j'ai mit mon nez dans des odeurs complètement créée chimiquement, j'ai fumé des cigarettes, j'ai bu de l'alcool... 

Alors ça aussi, c'est fini. 
Aujourd'hui je ne consomme presque que du bio. Ce que je faisais aussi depuis environ 4 ans de temps en temps, mais je ne savais même pas pourquoi. Maintenant je sais quels sont les avantages pour le monde et pour ma santé. Je veux pouvoir avoir un corps capable d'accueillir un petit bébé, un corps en bonne santé et qui le préparera à une vie saine. J'ai arrêté d'acheter bougies, parfums et autres produits industriels remplis de perturbateurs endocriniens. Pareil pour mes produits ménagers, qui sont sûrement les pires. Je ne mets plus rien de chimique sur ma peau. Pas de maquillage, pas de crèmes de beauté en tout genre, pas de savons qui sente le bonbons (bon même avant j'avoue) etc... Je ne fume plus. Je bois qu'à de grandes occasions (j'en parlerai dans un prochain article très personnel et qui me tient énormément à coeur). 
Petite astuce : J'ai téléchargé récemment l'application Yuka, qui aide à manger encore plus sainement et je te la conseille vivement. 
Tout n'est pas au point, il faut aussi que j'arrête cette pilule, ce traitement hormonal qui, selon moi, pourrait tout dérégler, tout gâcher.. Mais il faut trouver un autre moyen de contraception pour le moment. Le chemin est long, tous les jours j'essaie de rattraper mes erreurs, de vivre plus simplement et plus sainement. 

Mais est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que je peux réparer tous les dégâts que j'ai causé à l'intérieur de mon corps. Est-ce que je pourrai avoir un bébé ? Est-ce qu'il sera en bonne santé ? Est-ce que je peux tout rattrapé ? J'ai peur que ce ne soit pas possible et parfois, je me dit que c'est trop tard... 

 

Mais bien sûr, je ne reviendrai pour rien au monde à ma vie d'avant, je continuerai à vivre pour la nature et pour mes futurs enfants tous les jours. Pour que leur vie soit la plus douce possible ! 


As-tu, toi aussi, eu un déclic ou bien toujours su qu'il fallait faire attention à la nature ? Aimerais-tu des articles sur certaines habitudes plus saines que j'ai maintenant ? Il faut se conseiller, s'aider à avancer et à préserver tout ce qu'on a la capacité de préserver !
A très vite... 

08 novembre 2017

Vivre sans papa - Blessure d'abandon

C’est difficile pour moi de m’expliquer sur certains points de ma vie parce que je sens que je ne peux pas tout dire. Je sens qu’il y a certains événements que j’ai vécu qu’il faut que je garde pour moi, que c’est mal de les exposer, que ça pourrait gêner ceux qui lisent ou que ce serait dévoiler l’intimité d’autres personnes, notamment des personnes de ma famille.
Je vais alors essayer de faire passer mon message sans tout dire. En parlant seulement de ce qui ne me dérange pas du tout et de mon ressenti, parce que j’ai besoin de le faire. 

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Quand j’étais un bébé, vers 1 an et demi, mon père, ou du moins celui qui a mit la petite graine dans le ventre de ma maman, parce que je pense pas pouvoir dire que c’est mon père, est devenu fou. Peut-être qu’il était déjà fou avant d’ailleurs, je n’en sais rien, en tout cas on m’a raconté qu’il est devenu violent et buvait beaucoup. Alors ma maman m’a prit dans ses bras, m’a protégé, et nous nous sommes enfuies loin de lui. Je ne l’ai plus jamais vu. 
J’ai donc grandi avec ma maman qui m’a expliqué tout ça très tôt et je n’ai JAMAIS senti de manque. Je n’ai jamais vu le fait de vivre à deux seulement comme un problème, ça me convenait très bien. Elle m’a apprit de belles valeurs, elle m’a apprit à être juste et je n’avais pas besoin de plus. J’avais aussi plusieurs papas dans ma famille, mon papi, mon parrain, mon oncle.. Ils avaient un peu ce rôle parfois, mais j’étais lucide et tout ça me convenait parfaitement. Je n’ai jamais eu aucun mal à dire aux gens : « je ne connais pas mon père. » et je ne sentais pas de douleur face à ça, c’était « très bien comme ça ». 
Mais, devenant une adulte, je comprends que cet événement, quand j’étais bébé, m’a quand même marqué, malgré tout, inconsciemment. J’ai été fragile sur plusieurs sujets dans ma vie, en grandissant, et j’ai compris que c’était lié à ça plus tard. 

J’ai peur de la violence : Oui, petite, adolescente ou adulte, quand une bagarre explosait près de moi, quand j’étais confrontée à la violence, même dans les films, je ne le supportais pas et je ne le supporte toujours pas. Je me mets à pleurer automatiquement. Alors on s’est beaucoup moqué de moi il y a quelques années, quand certains ado riaient d’une petite « baston » entre un copain et quelqu’un qui cherchait les ennuis. C’était pourtant drôle, il n’y avait pas eu beaucoup de dégâts en plus, et moi j’étais là, assise, en train de pleurer, sans pouvoir m’arrêter… Et bien maintenant vous le saurez : j’ai été face à la violence quand j’étais un bébé, et je ne la supporterai jamais. 

Ma relation avec les garçons est compliqué : Mon plus grand rêve quand j’étais enfant et en grandissant, c’était d’avoir un amoureux. Je tombais toujours amoureuse très vite et très fort. Je me souviens que c’est arrivé dès la maternelle. C’était tellement important pour moi que je me souviens de la sensation que j’avais eu quand j’ai eu mon premier amoureux. Et puis en primaire, il y en a eu 3, ou peut-être 4 (un par an sûrement), mais qu’est-ce que je pensais à eux ! Je rêvais de tout faire avec eux, qu’ils soient près de moi, qu’ils me tiennent la main. Et ça n’a jamais changé. J’ai toujours eu besoin de présence masculine près de moi. Et quand je l’avais enfin, je paniquais à l’idée qu’ils me trompent ou qu’ils s’en aillent. Dieu merci, aujourd’hui j’ai trouvé quelqu’un qui m'a écouté, a compris mes blessures, a su m’accompagner et me prouver qu’il ne me lâcherait pas, et j’ai enfin confiance. 

Je ne supporte pas l’abandon : Voilà le point le plus difficile à gérer, depuis toujours, le plus handicapant. En amour, comme je l’ai expliqué juste avant, mais aussi en amitié, je ne supporte pas qu’on me laisse tomber. Je le vis très mal, il me faut énormément de temps pour m’en remettre, et je crois que je n’oublierai jamais tous les « amis » qui n’ont pas été présents ou qui ont décidé de ne plus être mes amis. Peu importe la raison pour laquelle ils sont partis, parfois j'étais d'accord avec eux, parfois je les comprenais, mais je ne pouvais pas accepter leur départ et la séparation. Je sais très bien que ça doit être affreux pour eux, que ce doit être une pression de sentir que notre ami a autant besoin de nous. Mais c’est comme ça, j’ai beau travailler sur moi. Quand des liens d’amitiés se sont rompus, je ne l’ai jamais oublié. Au point même, parfois, de décider d'abadonner, moi, pour moins sentir cette douleur, et de faire subir ce que je ne veux pas sentir... Parce que pour ceux qui sont partis, dans différentes circonstances et de différentes manières (plus ou moins correctes), j’ai encore une forme de rancoeur qui, quand elle réapparait, me faire bien mal au creux du ventre. Je sais que beaucoup d’anciens amis n’ont jamais compris que ce se soit toujours mal terminé et que j’ai montré tant de difficulté et de réticence quand nous commencions à nous séparer. Si ils lisaient ça, ils comprendraient peut-être. L’abandon, c’est sûrement ce qui me fait le plus peur. Et c’est difficile pour moi d’accepter le fait que ce soit lié à mon « père ». Mais c’est le cas, je l’ai compris avec le temps. Je l’ai aussi compris grâce au livre de Lise Bourbeau -Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même-. C’était clair et net, en le lisant j’ai compris que j’avais cette blessure : la blessure d’abandon. Et qu’effectivement, beaucoup de gens partaient autour de moi, et qu’il fallait que je comprenne que c’était parce que je devais guérir cette blessure. 

J’y travaille, j’y travaille… Tous les jours, quand je pense à ceux qui ne font plus partie de ma vie, et que ça me fait mal. Je pense à régler ça, à voir les choses différemment, à guérir cette blessure. Pour l’instant ce n’est pas gagné, même le fait de sentir que des personnes de ma famille ne me donne pratiquement pas de nouvelles, me donne l’impression que je ne compte pas pour eux et ça me tue. Pourtant je me force à croire que c’est faux, que ça n’a rien à voir avec tout ça, que ce n’est pas grave, qu’ils sont toujours là… 

En tout cas voilà où j’en suis dans mon début de vie d’adulte. J’ai compris que le petit bébé que j’étais a subi quelque chose qui l’a marqué bien plus que je le croyais. J’ai compris que je n’étais pas fragile pour rien, que je ne tombais pas amoureuse aussi intensément pour rien, que je n'étais pas si possessive pour rien, il y avait une raison à tout ça. Et maintenant, il ne me reste plus qu’à travailler sur moi-même, pour mieux vivre avec cette blessure. Et je ne remercierai jamais assez la vie d'avoir mit à mes côtés des hommes aussi extraordinaires que mon papi et mon parrain, pour adoucir tout ça, énormément.

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21 octobre 2017

J'ai affronté une de mes plus grandes peurs

 

Je continue la série de questions du By Gala Project de Laetitia, la question suivante est :

T'aimes-tu ? Es-tu fière de toi ? Pourquoi ? 

Comme je suis pleine de contradictions, il peut y avoir des moments ou des côtés de moi que je n'arrive pas du tout à accepter et que parfois, même, je déteste, mais il y en a beaucoup d'autres que j'adore. En ce moment, je crois que je grandis et je change énormément. Je sens que j'avance vraiment de plus en plus vers la personne adulte que j'ai toujours souhaité devenir. Alors oui je m'aime de plus en plus. Je crois que si je revenais 2 ou 3 ans en arrière, je me rendrais compte à quel point je m'aime par rapport à avant. Je suis également fière de moi. J'ai des principes et des valeurs qui me tiennent très à coeur et je suis très fière de ça parce que je pense que ce sont des belles valeurs, de belles idées. Et puis, petite victoire, j'ai affronté une de mes plus grande peur hier soir ! Je suis allée à un concert toute seule. J'ai souvent peur de la foule, des espaces clos, surtout des salles de concert, et du fait d'être seule entourée d'inconnus, de me sentir gênée et mal dans ma peau. C'était un des meilleurs concerts auquel j'ai assisté et c'est celui ou je me suis le plus lâchée alors je peux dire que ça m'a rendue extrêmement fière.
Je pense être une bonne personne. Je compte continuer à évoluer et à m'épanouir avec moi-même, chaque jour encore plus. 

Et toi ? 

 

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05 septembre 2017

Je ne m'aime pas... encore

 

J'ai grandi auprès des personnes de ma famille de nature assez stressée, ce qui fait que très jeune, j'ai entendu des mots comme "mon psy", "angoisse" ou "attention !". J'ai donc le souvenir d'avoir toujours été, moi aussi, quelqu'un d'angoissée, et surtout avec énormément de peurs. Par exemple, j'étais tétanisée par les cours de natation à la piscine avec l'école parce que j'étais crispée et tendue dans l'eau et que j'avais peur de me noyer. Je me souviens aussi de mon grand-père qui tenait absolument à m'apprendre à faire du vélo sans les petites roues, et que la première fois où je me suis lancée, ça a marché et je suis tombée au moment où je m'étais arrêtée et je n'ai plus jamais voulu en refaire. 

Jusqu'au collège, j'étais une petite fille très studieuse et j'adorais apprendre et travailler, j'étais toujours la première de la classe. Ensuite j'ai perdu goût à l'apprentissage, préférant les relations d'amitié et rêvant de jolies histoires d'amour avec des garçons dont j'étais tombée "amoureuse". Puis en grandissant, je me suis rendue compte que je n'avais pas beaucoup de culture et que je ne m'intéressais pas à grand chose. J'avais l'impression qu'on nous imposait tellement ce qu'on devait apprendre à l'école que je ne m'intéressais jamais aux choses imposées. Et j'avais vraiment perdu ce goût à l'apprentissage que j'avais en primaire, donc après l'école, le soir, je n'avais envie que d'une chose : me détendre. La seule chose qui m'ait toujours passionnée c'était la musique, j'en écoutais tous les jours, de toutes sortes, et ça n'a jamais changé. 

Le collège a été une étape difficile au niveau émotionnel, j'en ai déjà parlé. Je n'avais pas confiance en moi, j'étais très réservée et timide et en grandissant, pour continuer sur cette lancée, j'ai commencé à faire la plus grosse bêtise de ma vie : me comparer aux autres. J'avais déjà a apprit à faire de mon mieux pour être ce que les autres voulaient que je sois et maintenant, je voulais être le meilleur que je voyais chez les gens qui m'entouraient. Je voulais être belle comme elle, drôle comme lui, généreuse comme ma grand-mère, raisonnable comme mon grand-père... Et je me suis complètement perdue. 

J'ai vécu plusieurs années sans comprendre vraiment qui j'étais, mais sans chercher vraiment à en savoir plus, je me suis fait plusieurs cercles d'amis, je faisais beaucoup la fête, j'avais des réactions surdimmentionnées avec l'alcool parfois, mais je m'en fichais parce que la plupart du temps, je m'amusais et surtout je fuyais mes angoisses, mon stress et cette boule au ventre qui revenait très souvent et que je connaissais depuis toujours. Je m'étais préparée à vivre une ou deux années de fête en arrêtant de réfléchir à des choses trop sérieuses, je voulais profiter, tout en sachant que c'était maintenant seulement, et que quand je serai une adulte et surtout quand j'aurai des enfants, je redeviendrai sérieuse et responsable. C'est ce que j'ai fait une bonne année et j'en suis assez contente. 

Quand j'ai arrêté pour la deuxième fois la fac et qu'il a fallut que je trouve un boulot, j'ai du faire face à des angoisses que j'avais laissée de côté depuis un petit bout de temps, volontairement, et je suis rentrée dans une phase très compliquée. J'y étais, il fallait que je fasse des choix, que je décide ce que je voulais faire, que je sache ce que je pouvais faire, que je comprenne de quoi j'étais capable, et je ne me sentais capable de rien, je me trouvais nulle, inculte, bête et triste.  J'ai compris que je n'aimais pas du tout la personne que j'étais, ce que je faisais. Je n'y arrivais pas, j'étais bloquée. J'ai bien senti qu'autour de moi, personne ne comprenait, parce que c'était pourtant normal et facile d'aller voir quelqu'un pour se vendre en disant qu'on cherche un boulot et qu'on est motivé. Non, pour moi c'était la plus grosse épreuve, parce que comment parler de mes capacités, comme dire à quelqu'un que je valais mieux qu'un autre pour faire un travail alors que je ne savais toujours pas qui j'étais moi-même, et que je ne m'en croyais pas capable. Alors j'ai bien ressentie les jugements de mes proches, ils se disaient que j'étais fainéante, que je ne faisais pas d'effort.. Et pourtant ils ne savaient pas qu'à ce moment précis, j'ai commencé une des plus grosse épreuve de ma vie : trouver et comprendre qui je suis. 

Ce qu'il s'est passé durant cette période, c'est que non seulement je me sentais jugée et incomprise, mais en plus je pense que j'avais moi-même besoin de me retrouver seule, face à moi-même, donc je me suis énormément éloignée de mon entourage et surtout de mes amis. Je leur en voulais aussi, d'avoir choisi de s'arrêter à une idée aussi simpliste qui disait que je n'étais juste pas du tout courageuse. J'avais quand même mon chéri, avec qui j'ai traversé ce moment et qui m'a lui aussi aidé à apprendre beaucoup de moi. 

J'ai donc affronté mes questions, mon stress, ma timidité qui revenait à grand pas, j'ai du m'affronter. J'ai compris que je n'avais jamais accepté mon corps, que je l'avais toujours détesté et qu'une des étapes à passer pour avancer était de commencer à l'aimer. J'ai compris que j'avais envie d'avoir plus de connaissances et d'apprendre plein de choses, en dehors du système scolaire, j'ai commencé à aller de plus en plus au cinéma et à avoir mes préférences, rien qu'à moi. Je me suis beaucoup renseignée sur tous les artistes qui m'inspiraient, me passionnaient et me faisaient du bien, en essayant de connaitre tout ce qu'ils avaient fait : films, chansons, peintures... Grâce à tout ça, je ne savais pas encore qui j'étais mais je savais au moins ce que j'aimais et c'était un grand pas.
J'ai rencontré d'autres personnes, d'une façon différente : virtuelle. Des vidéastes surtout, qui m'ont montré la vie d'une façon différente et qui me correspondaient tellement plus. Ils m'ont fait comprendre que j'avais essayé d'être quelqu'un que les gens aiment et qu'il fallait maintenant que je devienne ce que j'avais envie d'être depuis toujours. J'ai vu plein de jolies choses en moi que je ne connaissais même pas, je me suis concentrée sur mes valeurs et mes principes auxquels je suis très attachée depuis toujours. J'ai vu que j'avais de nombreuses qualités. J'ai appris que ma différence était exceptionnelle et qu'il fallait définitivement que j'arrête de croire que c'était une difficulté. Grâce à ces personnes, j'ai compris qu'on doit s'accepter et apprendre à s'aimer, soi, parce que jusqu'à la fin de notre vie, on devra vivre avec soi, uniquement. 

Alors voilà ce qu'est ma vie depuis environ 1 an, depuis que j'ai "rencontré" ces nouvelles personnes, je fais du mieux que je peux pour me connaître enfin, me comprendre et m'aimer. Et pour ça, il faut surtout ne pas se comparer, ne pas penser aux autres, parce qu'ils veulent toujours qu'on soit comme ils aimeraient, et si on ne veut pas les décevoir, on se force parfois à aller à l'encontre de nos réelles envies. J'ai décidé de ne plus tomber dans ce piège. A présent, si je me sens mal à l'aise avec des personnes qui sont censées être mes amis et que je suis mal dans ma peau, je fais en sorte de me persuader que c'est qu'ils ne me correspondent simplement plus et que personne n'a le droit de me faire croire que je dois changer et que je ne suis pas assez bien. Je travaille à rester moi-même, à devenir celle que je veux être et à m'aimer, enfin... 

J'avais besoin d'écrire à ce sujet pour que toi, qui me lis, comprennes mieux mes démarches, et voit peut-être des évolutions au fur et à mesure. Parce que je vais surement aborder ce sujet assez régulièrement alors il m'était important d'expliquer la situation. J'avais besoin de parler du fait de s'accepter et de s'aimer, parce que c'est la plus grosse épreuve que j'ai dû surmonter jusqu'à maintenant, malgré toutes les expériences de vie difficiles que j'ai pu rencontrer, celle-ci est la plus longue à surmonter. Mais je crois que je peux y arriver. Et j'avais besoin de le partager parce que je sais que je pourrai rencontrer encore d'autres personnes qui se reconnaitront dans ce que je raconte et pourront me comprendre, et que ça fait toujours du bien de sentir qu'on n'est loin d'être seul dans cette situation. 

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Si toi aussi tu te sens, ou tu t'es parfois senti(e) à l'écart et mal dans ta peau, sache que tu dois t'aimer et apprendre à ne plus fonctionner uniquement en pensant aux autres. C'est surement la recette du bonheur. 

 

23 juin 2017

Le néant

 

La troisième question du By Gala Project de Laetitia est :
Quelle est ta plus grande peur ? 

La mienne, je pense que c'est le néant. Si la mort fait qu'on entre dans le néant, le vide et qu'il ne se passe plus rien, qu'on ne puisse plus ressentir, penser... La mort de mes proches en fait partie, le fait de ne plus exister me terrifie. J'y pense depuis très longtemps, parfois, petite, je n'arrivais pas à dormir parce que je m'imaginais qu'il n'y ait plus rien d'un coup.. J'essaie alors de me persuader que ce n'est pas comme ça que ça se passe, je pense qu'il y a quelque chose après la vie, une vie différente, peut-être même meilleure. 

 

Et toi ? 

 

Posté par Justine_dlh à 13:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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